Le cerveau et la négation : comment cela influence notre communication ?

Le cerveau ne comprend pas la négation. Cette affirmation est à considérer avec pondération. S’il est avéré que la communication verbale négative est plus stérile et moins efficace, ce n’est pas toujours parce que notre cerveau n’entend pas cette négation. D’où l’intérêt de contextualiser l’usage de la négativité afin de développer une communication positive, facilitatrice des échanges sociaux.

Le cerveau ne comprend-il vraiment pas la négation ?

L’utilisation de la négation dans la syntaxe des phrases a une influence considérable sur la compréhension lors des échanges avec les interlocuteurs. Ces tournures de phrases impactent notamment le processus de décision. Le principe de négation touche toutes les catégories d’âge, y compris les plus jeunes.

La science s’accorde sur le fait que la compréhension des mots se fait par association d’images. Ainsi dans les phrases « Range le ballon » / « Ramène le ballon » / « Renvoie le ballon », la première image qui apparaît est celle du ballon, occultant les autres informations contenues dans l’énoncé.

Le cerveau comprend la négation mais met plus de temps à l’entendre qu’un énoncé positif. La programmation neuro-linguistique (PNL) accorde une importance primordiale au langage, avec pour objectif de favoriser la confiance entre les interlocuteurs et faciliter les échanges verbaux et non verbaux. La communication bienveillante est au cœur des piliers fondateurs de la PNL.

Christian Plantin, membre honoraire des chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), identifie plusieurs types de négations et dénégations : 

  • Négation de mot (contrariété ou opposition)

Exemple : Sympathique / antipathique ; beau / laid.

  • Négation de phrase
    • Négation dialogique ou rejet (négation totale)

Exemple : Les enfants sont turbulents. NON, les enfants ne sont pas turbulents.

  • Négation descriptive

Exemple : Il ne pleut pas aujourd’hui / Le ciel est dégagé aujourd’hui.

  • Dénégation

Exemple : Vous allez penser que je suis l’auteur de cette infraction, mais je ne suis pas responsable.

  • Stratégies argumentatives négatives

Utilisation de la stratégie discursive, particulièrement employée en politique. 

Exemple : « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Élysée. Moi président de la République, je ne traiterai pas mon premier ministre de “collaborateur”… » (discours de François Hollande)

Pourquoi les messages négatifs sont-ils mal interprétés ?

Les messages négatifs sont souvent mal interprétés parce qu’ils mettent plus de temps à être compris. L’interprétation d’une phrase négative demande davantage de ressources cognitives qu’une phrase positive.

D’autre part, notre mode de pensée interprète les messages verbaux par association d’image

Si l’on considère ces deux phrases : 

N’oublie pas ton porte-monnaie / Pense à prendre ton porte-monnaie

La compréhension première de la phrase se focalise automatiquement sur le mot clé « porte-monnaie » en première intention. Dans ce cas, le cerveau fait l’ellipse de la négation et l’individu perd l’attention de son interlocuteur.

C’est d’autant plus vrai chez les enfants

Dans l’énoncé « ne cours pas », l’enfant fait directement l’association avec le verbe « courir » en mettant de côté la syntaxe « ne… pas ». Pour engager le procédé d’interdiction, on préférera la formulation « marche calmement », « va doucement » ou « fais attention ». 

Dans l’exemple « ne mange pas cette pomme », on peut proposer une phrase avec une solution alternative, « mange cette orange ».

Quelles sont les implications en accompagnement thérapeutique et coaching ?

Cette association des mots avec une image fait appel à tous nos sens – abrégé VAKOG (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif) en programmation neurolinguistique.

Un accompagnement thérapeutique avec un coach en PNL aide à se reprogrammer pour penser et parler positivement. 

Le praticien en PNL propose plusieurs exercices de PNL à suivre, qui assurent une meilleure action pour obtenir des résultats satisfaisants auprès de ses interlocuteurs : 

  • La synchronisation consiste à se mettre à la hauteur d’une personne pour être en phase avec le monde dans lequel elle évolue. Il s’agit de se comporter comme un détecteur pour adopter une communication verbale, non verbale et para-verbale en harmonie avec l’autre.
  • Le feedback est une technique basée sur la communication positive qui consiste à restituer positivement toutes les actions, y compris le non-respect des consignes ou certaines interdictions.
  • Le recadrage est une technique dont l’objectif est de transformer toutes idées négatives en pensées positives. Le but de cet exercice est de modéliser son état d’esprit pour positiver dans un contexte donné.

Ce travail sur la communication positive et la communication non violente (cnv) est particulièrement d’actualité dans le monde de l’entreprise. Ce processus permet de dynamiser une équipe, de relancer la cohésion entre collaborateurs au sein d’une société ou d’une agence, et de renforcer la collaboration entre les services sur leur lieu de vie professionnelle.

Comment adapter sa communication pour contourner cette limite cérébrale ?

La communication avec autrui passe par le langage verbal et le langage corporel. Une attention et une écoute active incitent à interagir en pleine conscience avec les personnages concernés. 

Dépasser la limite cérébrale de la négation consiste à faire l’effort de reformuler systématiquement son discours envers l’autre. Un commentaire positif sera toujours mieux perçu qu’une approche négative. La pensée de l’autre est ainsi plus encline à percevoir le message et à le comprendre.

Par exemple : préférer « tu vas réussir » à « ne stresse pas pour tes examens », qui comporte les deux mots anxiogènes « stresse » et « examens ». Ou encore « préserve ta santé » / « prends soin de toi » plutôt que « tu ne dois pas fumer ».

La communication positive concerne tous les types de langage : 

  • Communication verbale : les mots,
  • Communication non verbale : le langage corporel,

Communication para-verbale : la façon de s’exprimer.

FAQ

Le cerveau traite-t-il la négation de la même façon chez tout le monde ?

Nous avons tous une structure de personnalité différente qui formate notre façon de penser. Notre cerveau traite l’information de manière hétérogène selon nos croyances et valeurs.

Est-ce que cela s’applique aussi aux émotions et aux ressentis ?

La négativité n’est pas vécue de la même façon pour chacun. La communication implique nos 5 sens (VAKOG : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif). Une personne sujette au biais de négativité, c’est-à-dire la propension à accentuer les événements négatifs ou à négativer, aura plus de difficultés à traiter les informations négatives.

Faut-il bannir toute forme de négation dans la communication ?

Non ! Bannir la négation dans la communication semble mission impossible et dans tous les cas non souhaitable. L’utilisation des structures positives ou négatives dépend de l’usage, de l’interlocuteur et du contexte.

Le langage non verbal peut-il contredire une formulation négative ?

Le langage non verbal est un outil aussi puissant que la communication verbale pour s’exprimer. Le langage corporel a la possibilité de faire passer un message de contradiction en réponse à une formulation négative.

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