Clean Language : l’art de poser les bonnes questions sans influencer

Dans le domaine de la communication, la façon de formuler une interrogation va souvent être déterminante pour obtenir une réponse satisfaisante. Ainsi, au fil du temps, le Clean Language s’est imposé comme une méthode éprouvée pour explorer le monde intérieur de l’interlocuteur. Avec ce guide, découvrons comment cette approche unique – utilisée en coaching ou en thérapie – permet d’accéder à des ressources insoupçonnées.

Qu’est-ce que le Clean Language ?

Développé dans les années 80 par le psychologue néo-zélandais David Grove et introduit sur le territoire français par des experts comme Noémie Dehouck, le Clean Language est une méthode d’accompagnement pour les personnes sujettes à de profonds blocages ou à des traumatismes majeurs. La spécificité de cette approche, basée sur le questionnement, réside dans le fait qu’elle n’interfère pas avec le modèle du monde du patient. 
En pratique, le Clean Language permet de faire émerger des métaphores utilisées spontanément par le client“j’ai un mur devant moi”, “je perds pied”, etc. – pour mieux comprendre sa perception du problème.

Sur quels principes repose le Clean Language ?

Pour favoriser une communication bienveillante, la technique du Clean Language s’appuie sur plusieurs principes :

Favoriser l’autonomie : l’objectif n’est pas de résoudre à tout prix le problème à la place du client, mais plutôt de l’aider à découvrir ses propres solutions grâce à ses ressources internes.

Le respect de la métaphore du patient : on ne corrige pas les mots de la personne, ils restent au centre du processus d’accompagnement ;

Mener un questionnement neutre : le praticien va utiliser des questions très limitées, dans le but de ne pas imposer de cadre extérieur ;

L’exploration de l’expérience subjective : ici, l’on va s’intéresser aux émotions, aux croyances et aux perceptions du patient, plutôt qu’à la réalisation d’une analyse externe de la problématique ;

D’où vient le Clean Language ?

C’est durant son travail clinique avec des patients traumatisés que le psychologue David Cove créé le Clean Language dans les années 80. Il a pu observer, qu’en restant strictement dans le langage des personnes – sans y ajouter d’interprétations ou de métaphores extérieures – leurs propres images internes évoluent, ce qui réduit leur souffrance. 

Plus tard, les psychologues Penny Tompkins et James Lawley, formateurs expérimentés en PNL, rencontrent Grove et modélisent sa pratique. Ils développent alors la modélisation symboliqueSymbolic Modelling -, une méthode d’accompagnement qui utilise le Clean Language afin d’explorer les structures profondes de l’expérience subjective. 

Comment utiliser le Clean Language en pratique ?

Il est essentiel de savoir que la pratique du Clean Language n’exige pas de longs questionnaires, mais plutôt une réelle capacité à rester focalisé sur les mots du patient, notamment en utilisant une syntaxe précise. Ainsi, durant une séance, le praticien débute généralement par une question ouverte simple, avant d’utiliser des questions de base dont les espaces vont être remplis par les mots du client. 

En coaching et accompagnement individuel

Durant un coaching, le Clean Language peut se révéler particulièrement pertinent pour clarifier les objectifs et repérer les blocages non verbaux. Ainsi, le coach utilise des questions afin d’aider son client à explorer ses propres métaphores. Cette approche va notamment favoriser la confiance en soi, car le patient va se sentir plus autonome et responsable de ses propres choix. De plus, le Clean Language peut également s’inscrire dans une formation en PNL ou dans un parcours de maître praticien PNL, pour que celui-ci enrichisse sa panoplie d’outils de modélisation. 

En management et communication professionnelle

Dans un cadre plus professionnel, notamment en management, le Clean Language permet de poser des questions visant à resituer le salarié dans sa propre vision, plutôt que de le diriger vers des solutions imposées. La méthode favorise alors un management plus collaboratif, pouvant être combinée avec d’autres approches, comme la communication non violente (CNV). 

En médiation et gestion des conflits

Durant une médiation, le Clean Language permet à chacune des parties de décrire son expérience avec ses propres mots, sans devoir faire face à la critique. C’est en aidant les personnes à exprimer leurs métaphores librement que la médiation devient plus fluide. En somme, l’approche permet de résoudre de nombreux conflits, en renforçant la compréhension mutuelle et la capacité à aller de l’avant. 

Les questions Clean Language : structure et exemples

Le principe du Clean Language repose sur une série de questions de base, respectant une structure précise et utilisant les mots du patient/client. Découvrons quelques exemples, à adapter selon la situation, pour permettre au patient de suivre son propre cheminement, avec un accompagnement discret du praticien :

Et que se passe-t-il ensuite ?” – dans le but de suivre l’évolution de la métaphore. 

Et qu’est-ce que tu aimerais qu’il se passe ?” – pour mieux clarifier un objectif ;

Et lorsque tu parles de (X), quel genre (X) est-il ?” – afin de développer une métaphore ;

Et y a-t-il autre chose à dire à propos de (X) ?” – pour mieux approfondir l’expérience ;

Clean Language et PNL : quels points communs, quelles différences ?

Bien que les deux approches partagent de nombreux points communs – comme le travail sur des représentations internes -, le Clean Language demeure plus minimaliste et moins directif. Là où un praticien PNL peut introduire des cadres ou des protocoles, le Clean Language ne veut rien ajouter au contenu, pour rester fidèle aux mots du patient. 

Les deux approches peuvent néanmoins se compléter, en combinant la rigueur de la modélisation PNL avec la neutralité du Clean Language. 

Quelles sont les limites et les précautions d’usage du Clean Language ?

Malgré sa pertinence, le Clean Language comporte quelques limites. Par exemple, il est essentiel de réaliser une formation spécifique en Clean Language ou en modélisation symbolique pour avoir toutes les clés. De plus, il est important de ne pas confondre Clean Language avec l’écoute passive. Au contraire, cette approche nécessite d’être dans l’écoute active.

FAQ

Quelle est la différence entre le Clean Language et l’écoute active ?

L’écoute active insiste sur la reformulation ou la validation des émotions, tandis que le Clean Language se concentre sur l’utilisation stricte des mots du client. Cette dernière approche vise plus particulièrement l’exploration métaphorique. 

Le Clean Language est-il adapté à tous les contextes professionnels ?

Plus spécifiquement les contextes d’accompagnement individuel – thérapie, développement personnel, coaching – et la médiation. Il peut également être utilisé en management, notamment pour accompagner un collaborateur dans un questionnement profond.

Combien de questions Clean Language existe-t-il officiellement ?

Il n’existe pas de nombre unique, mais les modélisateurs de l’approche retiennent une dizaine de questions, structurées autour de 4 processus fondamentaux : identifier, développer, déplacer et transformer. 

Clean Language et Symbolic Modelling : quel lien entre les deux approches ?

Le Symbolic Modelling est une méthode d’accompagnement utilisant le Clean Language comme principal outil de questionnement dans le but d’explorer l’organisation de l’expérience du client. Ensemble, ces deux approches permettent une exploration plus fine des métaphores et des ressources personnelles. 

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