Albert Bandura : comprendre l’apprentissage social et l’auto-efficacité

Psychologue canadien-américain, tout d’abord formé puis professeur à l’université de Stanford, Albert Bandura a profondément marqué l’histoire des sciences humaines. Notamment avec sa théorie de l’apprentissage social et sa conception de l’auto-efficacité. Ses travaux, comme la célèbre expérience de la poupée Bobo, éclairent encore aujourd’hui de nombreuses pratiques pédagogiques.

Qui était Albert Bandura ?

Né en 1925, Albert Bandura est un psychologue canadien, naturalisé américain, qui a, au fil de son parcours, enseigné de nombreuses années à l’université de Stanford. Tout en devenant une figure majeure de la psychologie sociale et cognitive. 

Tout d’abord, entre les années 60 et 70, Bandura se fait connaître par ses nombreux travaux sur l’apprentissage social, avant de développer la théorie sociale cognitive. Celle-ci est centrée sur le rôle de l’auto-efficacité dans l’action humaine. 

S’inscrivant dans un mouvement de renouvellement de la psychologie du XXe siècle, Albert Bandura conçoit l’humain comme un agent capable d’autorégulation et d’influence active sur son environnement social. Cela à travers ses choix, ses actions ou ses projets de travail. 

Qu’est-ce que la théorie de l’apprentissage social ?

La théorie de l’apprentissage social développée par Bandura affirme que l’on apprend en majorité par observation des autres. Ainsi, elle explique comment les comportements sociaux, les attitudes, les biais cognitifs ou encore les savoirs se construisent au fil d’expériences et du vécu de chacun. Elle est aujourd’hui régulièrement utilisée en formation professionnelle et en psychologie. 

Apprendre par observation

Ce que l’on appelle l’apprentissage par observationou vicariant – désigne le fait qu’un individu acquiert de nouveaux comportements en observant un modèle. Et cela, sans forcément reproduire l’action et sans renforcement direct. Selon la théorie de Bandura, ce type d’apprentissage repose sur des processus de mémorisation, d’attention, de motivation et de reproduction motrice, ce qui conditionne la qualité de l’imitation. 

Que ce soit en entreprise ou dans la vie quotidienne, de nombreux individus observent leurs pairs, leurs managers ou des figures médiatiques, afin d’intégrer leurs façons de gérer des situations. Cette observation de la réussite influence ainsi le sentiment de confiance en soi.

La modélisation du comportement

La modélisation d’un comportement est un processus durant lequel un individu prend une autre personne comme modèle, en ajustant ses propres comportements en fonction de son observation. Selon Bandura, pour qu’un modèle soit perçu comme “efficace”, il doit être suffisamment compétent, crédible et proche de l’observateur. 

Que ce soit en formation ou en pédagogie, la modélisation devient une pratique concrète, permettant de faciliter l’acquisition de nouveaux savoirs et savoir-faire. Au sein d’un environnement professionnel, les leaders, tuteurs ou référents jouent un rôle clé dans ce modèle. Participant pleinement au développement de l’estime de soi (URL : estime de soi) et à la diffusion de normes sociales dans l’organisation. 

L’expérience de la poupée Bobo

Menée au début des années 1960, l’expérience de la poupée Bobo visait à tenter de comprendre si les enfants apprennent des comportements agressifs en observant un adulte se comporter d’une manière violente en compagnie d’une poupée gonflable. Ainsi, les enfants exposés à un modèle agressif ont par la suite reproduit des comportements violents vis-à-vis de la poupée. Ce qui a pu confirmer l’hypothèse d’un apprentissage social de l’agression. 

L’expérience menée ici a su démontrer que le comportement humain, particulièrement complexe, ne résulte pas de facteurs innés ou génétiques. Mais qu’il a tendance à se construire à partir de l’observation de comportements présents dans l’environnement social. L’expérience de la poupée Bobo a eu un véritable impact sociétal, alimentant les débats sur les effets de la violence médiatique et sur les processus d’apprentissage (URL : processus d’apprentissage) chez l’enfant. 

Le déterminisme réciproque selon Bandura

Concept clé au cœur de la théorie sociale cognitive de Bandura, le déterminisme réciproque désigne l’interaction bi-directionnelle entre les facteurs personnels (émotions, croyances), les comportements et l’environnement. Pour résumer, l’individu est à la fois acteur et spectateur de son environnement. Il est, certes, influencé par les contextes sociaux, mais en retour, il modifie ces contextes par ses actions et ses choix. 

Avec cette perspective, l’auto-efficacité et l’apprentissage social s’inscrivent dans une dynamique où les croyances d’efficacité personnelle influencent les comportements. L’association entre la personne, le comportement et l’environnement permet de mieux comprendre les processus de décision ainsi que les trajectoires professionnelles. 


Applications de la théorie de Bandura

Les travaux de Bandura ont de nombreuses applications en éducation et en formation, notamment dans la manière de concevoir les situations d’apprentissage et les dispositifs d’accompagnement. Proposer des modèles pertinents, favoriser l’apprentissage coopératif, structurer des expériences de maîtrise progressives et donner des retours réguliers sont autant de leviers pour renforcer le sentiment d’efficacité personnelle des apprenants.

En psychologie du travail et de l’orientation, la notion d’auto-efficacité s’avère prédictive du développement de carrière, de la persévérance face aux obstacles et de la capacité à s’engager dans de nouveaux projets. Elle est également mobilisée en psychothérapie, en santé, dans la prévention et l’accompagnement du changement de comportements, ainsi que dans l’analyse des actions collectives et de la motivation au sein des organisations sociales.



 


FAQ

Quelle est la différence entre l’apprentissage social et l’apprentissage vicariant ?

L’apprentissage social est un cadre théorique expliquant comment les individus acquièrent des comportements, attitudes et savoirs en interaction avec leur environnement social. Tandis que l’apprentissage vicariant désigne l’acquisition d’un comportement en observant les conséquences des actions d’autrui. 

L’auto-efficacité peut-elle être surestimée ?

Une auto-efficacité surestimée peut conduire certains individus à en sous-estimer les risques, et donc, à négliger la préparation ou à ignorer des contraintes contextuelles. 

Quelle est la différence entre auto-efficacité et motivation ?

L’auto-efficacité renvoie aux croyances d’un individu dans sa capacité à organiser et réaliser des actions pour atteindre un objectif bien spécifique. La motivation désigne davantage les forces poussant un être à agir en fonction de ses désirs, de ses attentes ou de ses besoins. L’auto-efficacité agit alors comme un déterminant clé de cette motivation.

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