Motivation intrinsèque et extrinsèque : ce qui nous fait vraiment avancer

En bref : la motivation intrinsèque pousse à agir pour l’intérêt ou le plaisir de l’activité elle-même ; la motivation extrinsèque, pour obtenir une récompense ou éviter une sanction. Selon la théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan, la première se nourrit de trois besoins : autonomie, compétence et lien social. Au travail comme dans la vie, elle dure plus longtemps quand l’action rejoint nos valeurs.

Le même samedi matin, Karim se lève à 7 h pour aller courir, sans que personne ne le lui demande. Le lundi, il lui faut trois rappels de sa responsable pour remplir un tableau de reporting pourtant rapide. Karim n’est ni paresseux ni particulièrement volontaire : il vit deux formes de motivation différentes. Les comprendre change la façon de se fixer des objectifs, de manager une équipe ou d’accompagner un enfant dans ses devoirs.

Quelle différence entre motivation intrinsèque et extrinsèque ?

La motivation intrinsèque vient de l’activité elle-même : on la pratique parce qu’elle intéresse, amuse ou procure un sentiment d’accomplissement. La motivation extrinsèque vient de ses conséquences : un salaire, une note, une prime, l’approbation d’autrui, ou l’envie d’éviter un reproche. La plupart de nos actions mêlent les deux. Une infirmière aime son métier et compte aussi sur son salaire ; un étudiant apprécie la biologie et vise aussi son diplôme.

Les chercheurs de la théorie de l’autodétermination décrivent plutôt un continuum, du moins autonome au plus autonome. Ce découpage aide à comprendre pourquoi deux personnes qui font la même tâche ne la vivent pas du tout de la même manière.

Forme de motivationCe que la personne se ditDegré d’autonomie
Amotivation« Je ne vois pas pourquoi je ferais ça. »Aucun
Régulation externe« Je le fais pour la prime ou pour éviter une remarque. »Faible
Régulation introjectée« Je le fais, sinon je me sentirais coupable. »Moyen-faible
Régulation identifiée« Je le fais parce que c’est important pour mon projet. »Moyen-élevé
Régulation intégrée« Je le fais parce que cela correspond à qui je suis. »Élevé
Motivation intrinsèque« Je le fais parce que j’aime ça. »Maximal

Que dit la théorie de l’autodétermination ?

La théorie de l’autodétermination, développée par les psychologues américains Edward Deci et Richard Ryan, affirme que la motivation la plus durable se développe quand trois besoins psychologiques fondamentaux sont satisfaits. Elle ne s’oppose pas aux récompenses ; elle s’intéresse à la qualité de la motivation, et pas seulement à sa quantité.

Quand ces besoins sont nourris, les personnes intériorisent plus facilement même les tâches peu attrayantes : elles passent de « je dois » à « je choisis ». Quand ils sont frustrés, par un contrôle serré, des objectifs inatteignables ou l’isolement, la motivation glisse vers la contrainte ou s’éteint. Cette lecture complète la pyramide de Maslow, plus ancienne, qui hiérarchise les besoins sans détailler la qualité de l’engagement.

Les récompenses peuvent-elles réduire la motivation ?

Oui, dans certaines conditions : une récompense attendue et contrôlante peut diminuer l’intérêt pour une activité que l’on aimait déjà. C’est l’effet de surjustification. En 1971, Edward Deci observe que des étudiants payés pour résoudre des casse-têtes y consacrent ensuite moins de temps libre que ceux qui n’ont rien reçu. En 1973, Mark Lepper, David Greene et Richard Nisbett montrent un phénomène comparable chez de jeunes enfants qui aimaient dessiner : ceux à qui l’on avait promis un diplôme dessinent moins spontanément par la suite.

L’explication tient dans le récit intérieur. Quand la récompense devient la raison visible d’agir, la personne se dit « je le fais pour ça ». Une fois la récompense retirée, la raison disparaît avec elle.

💡 À nuancer : les récompenses gardent tout leur intérêt pour les tâches peu attrayantes, et un compliment sincère et précis sur la qualité du travail tend plutôt à renforcer la motivation. Ce qui pèse, c’est la récompense promise en échange d’une activité déjà appréciée, surtout quand elle sert à contrôler.

Comment nourrir la motivation au travail ?

On nourrit la motivation au travail en agissant sur les trois besoins de la théorie de l’autodétermination, en plus d’une rémunération perçue comme juste. Le salaire et les conditions de travail restent indispensables ; ils suffisent rarement à susciter l’envie de s’investir. Le tableau ci-dessous traduit ces besoins en pratiques managériales concrètes.

BesoinLevier concretExemple au quotidien
AutonomieFixer le « quoi » et laisser la main sur le « comment »Définir l’échéance d’un rapport et laisser le collaborateur choisir sa méthode
AutonomieExpliquer le sens des décisionsPrésenter en deux minutes pourquoi un nouveau process est adopté
CompétenceDes objectifs ambitieux et atteignablesDécouper un grand projet en jalons visibles
CompétenceUn feedback régulier et précisNommer ce qui a bien fonctionné dans une présentation client
Lien socialDes temps d’échange authentiquesUn point d’équipe où chacun partage une réussite et une difficulté
Lien socialMontrer l’utilité du travailPartager le retour d’un client satisfait avec l’équipe qui a livré

Ces leviers rejoignent ce que nous décrivons dans notre article sur le management bienveillant. Ils trouvent aussi une place naturelle lors de l’entretien annuel, qui gagne à explorer ce qui motive la personne, et pas seulement ses résultats. Quand l’activité est à la fois exigeante et bien ajustée aux compétences, on approche parfois l’état de flow, où la motivation intrinsèque est à son sommet.

Quel rôle jouent les valeurs dans la motivation ?

Les valeurs sont le carburant de la motivation autonome : une tâche reliée à ce qui compte vraiment pour nous devient plus facile à entreprendre. Le manuel du niveau 2 remis aux stagiaires Proneli définit les valeurs comme des principes fondamentaux qui guident nos choix, déclenchent nos émotions et nous mettent en action. Elles sont souvent inconscientes, varient d’une personne à l’autre et se hiérarchisent : la sécurité passe avant la créativité chez l’un, l’inverse chez l’autre.

La feuille de route du même niveau résume la distinction avec une formule utile : les croyances reflètent nos permissions, les valeurs reflètent nos motivations. On peut se sentir capable d’un projet et n’y trouver aucun élan, faute de lien avec ses valeurs. L’exercice proposé en formation est simple à reproduire :

  1. Lister une dizaine de valeurs dans trois domaines : personnel, sentimental, professionnel.
  2. Garder les cinq plus importantes et les classer.
  3. Évaluer de 0 à 10 à quel point chacune est satisfaite aujourd’hui.
  4. Se demander, pour chaque valeur : « Comment je sais qu’elle est respectée ? »

Un tableau de reporting devient moins pesant quand on le relie à une valeur réelle, par exemple la fiabilité envers son équipe ou la transparence envers les clients.

Êtes-vous plutôt motivé « vers » ou « en éloignement » ?

En PNL, le métaprogramme « vers / éloignement » décrit la direction préférée de la motivation : aller vers ce que l’on désire, ou s’éloigner de ce que l’on veut éviter. Une personne « vers » se met en mouvement en imaginant la promotion, le voyage, la réussite. Une personne « en éloignement » agit plutôt pour échapper au désordre, au retard ou à la critique. Aucune orientation n’est meilleure ; chacune a son efficacité et ses angles morts.

Ce repère aide à formuler un objectif ou un message. À un collaborateur orienté « vers », on parle des bénéfices du projet ; à un collaborateur orienté « éloignement », des problèmes qu’il permettra d’éviter. Nous présentons ces filtres en détail dans l’article sur les métaprogrammes en PNL.

Comment retrouver sa motivation avec la PNL ?

La PNL propose de retrouver sa motivation en observant comment on se motive déjà avec succès ailleurs, puis en transférant cette séquence. Le manuel du niveau 2 appelle cela une stratégie : un enchaînement précis de pensées, d’images, de sensations et d’actions qui mène à un résultat.

La feuille de route du niveau 2 prend l’exemple d’un sportif qui se motive facilement : il pense à son objectif, s’imagine franchir la ligne d’arrivée, se répète une phrase encourageante, ressent une montée d’énergie, puis enfile ses baskets. Une personne qui peine à se lancer peut repérer sa propre séquence dans un domaine où elle agit sans effort (cuisiner pour des amis, préparer un voyage), puis l’appliquer au dossier qu’elle repousse. Le manuel décrit à l’inverse la stratégie de sabotage, faite de pensées comme « ce n’est pas pour moi » et de comportements d’évitement : la repérer est déjà un premier pas.

La formulation de l’objectif compte tout autant. Le manuel du niveau 1 de Proneli range le critère « motivant » parmi les conditions d’un objectif bien défini, aux côtés d’autres exigences : formulé positivement, précis, testable, écologique, et dépendant de la personne elle-même. Un objectif imposé de l’extérieur, flou ou formulé en creux (« arrêter d’être en retard sur mes dossiers ») mobilise peu. Reformulé en « boucler chaque vendredi à 16 h les dossiers de la semaine pour partir l’esprit libre », il devient concret, vérifiable et relié à un bénéfice personnel. On gagne à vérifier aussi l’écologie de l’objectif : ses effets sur l’équilibre de vie, la famille, l’équipe. Une motivation qui épuise ou isole ne tient pas longtemps.

En pratique : avant de chercher « plus de volonté », demandez-vous quel besoin est frustré : manque de choix, sentiment de ne pas progresser, isolement, ou tâche sans lien avec vos valeurs. La réponse indique le levier à activer.

Qu’en dit une manager formée à la PNL ?

« Je motivais mon équipe avec des challenges et des bons d’achat. Ça marchait deux semaines. Depuis la formation, je demande à chacun ce qui compte pour lui dans son poste, et je laisse davantage de marge sur la méthode. Les résultats sont plus réguliers, et l’ambiance a changé. »

Laure, 42 ans, responsable d’agence bancaire, Nantes

Comment se former aux outils de la motivation en PNL ?

Les valeurs, les stratégies de motivation et les objectifs bien formés font partie du cœur de notre formation en PNL. Le parcours commence par le stage Premiers Pas (2 jours, 400 €), se poursuit par trois niveaux de 3 jours (3 000 €), soit un cursus complet de 3 400 €, en présentiel dans 12 villes et avec 10 stagiaires en moyenne. Managers, enseignants, professionnels des ressources humaines ou futurs praticiens y apprennent à accompagner la motivation des autres en commençant par la leur.

❓ Questions fréquentes

Quel est un exemple de motivation intrinsèque ?

Jouer d’un instrument le soir pour le plaisir, lire un livre par curiosité ou bricoler un meuble parce que l’on aime travailler le bois. Dans chaque cas, l’activité est sa propre récompense. Aucune note, prime ou approbation extérieure n’est nécessaire pour s’y mettre.

La motivation extrinsèque est-elle mauvaise ?

Non. Elle est utile, en particulier pour les tâches peu attrayantes, et elle fait partie de toute vie professionnelle. Elle devient fragile lorsqu’elle est la seule source d’engagement. L’idéal est qu’elle s’articule avec du sens, de l’autonomie et le sentiment de progresser.

Qui a créé la théorie de l’autodétermination ?

Les psychologues américains Edward Deci et Richard Ryan l’ont développée à partir des années 1970 et 1980. Elle est aujourd’hui l’un des modèles de la motivation les plus étudiés en psychologie, dans le travail, l’éducation, le sport et la santé.

Qu’est-ce que l’effet de surjustification ?

C’est la baisse d’intérêt pour une activité déjà appréciée lorsqu’on reçoit une récompense attendue pour la pratiquer. La personne finit par attribuer son engagement à la récompense. Quand celle-ci disparaît, l’envie diminue.

Comment motiver une équipe sans augmenter les salaires ?

En donnant de la marge sur la méthode, en expliquant le sens des décisions, en fixant des objectifs atteignables et en offrant un feedback précis. Les moments d’équipe authentiques et la reconnaissance de l’utilité du travail comptent aussi. Une rémunération perçue comme juste reste toutefois un socle nécessaire.

Peut-on transformer une motivation extrinsèque en motivation intrinsèque ?

On peut au moins la faire évoluer vers une motivation plus autonome. Relier la tâche à une valeur personnelle, comprendre son utilité et y gagner en compétence permet de passer de « je dois » à « je choisis ». Le plaisir pur ne se décrète pas, mais le sens se construit.

Quel lien entre motivation et métaprogrammes en PNL ?

Les métaprogrammes décrivent nos filtres préférés, comme l’orientation « vers » un but ou « en éloignement » d’un problème. Connaître celui d’une personne aide à formuler un objectif ou un message qui la met en mouvement. Ce sont des tendances contextuelles, pas des étiquettes figées.

Faut-il un prérequis pour suivre la formation PNL de Proneli ?

Non, la formation est accessible sans prérequis ni diplôme. Elle réunit le stage Premiers Pas et trois niveaux de pratique, pour un cursus complet de 3 400 €. Des financements sont possibles selon votre situation, notamment via France Travail ou un OPCO.

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