Growth mindset : l’état d’esprit de croissance de Carol Dweck expliqué

En bref : le growth mindset, ou état d’esprit de croissance, est la conviction que ses capacités peuvent se développer par l’effort, les bonnes stratégies et l’aide des autres. Il s’oppose au fixed mindset, qui voit l’intelligence et le talent comme des dons figés. Popularisé par la psychologue Carol Dweck, il a des effets réels mais plus modestes qu’annoncé. Le feedback centré sur le processus le nourrit.

Lucas, 11 ans, rend un contrôle de mathématiques à 8 sur 20 et lâche : « De toute façon, je suis nul en maths. » Sa sœur, qui a eu la même note en anglais, dit plutôt : « Je n’ai pas encore compris les verbes irréguliers. » Deux phrases, deux façons de voir la même difficulté. La première ferme la porte, la seconde la laisse entrouverte. C’est la distinction que la psychologue américaine Carol Dweck a rendue célèbre sous le nom de mindset.

Qu’est-ce que le growth mindset ?

Le growth mindset est une croyance sur la nature des capacités humaines : elles ne sont pas fixées une fois pour toutes, elles se développent avec la pratique. Une personne qui adopte cet état d’esprit voit un défi comme une occasion d’apprendre, un effort comme le chemin normal de la maîtrise et une erreur comme une information utile. Il ne s’agit pas de croire que chacun peut tout réussir, mais que chacun peut progresser.

Carol Dweck, professeure de psychologie à l’université Stanford, travaille depuis les années 1970 sur la motivation et la réaction à l’échec. Ses recherches ont d’abord porté sur ce qu’elle appelait les « théories implicites de l’intelligence » : certaines personnes la considèrent comme une entité stable, d’autres comme une qualité qui s’accroît. En 2006, son livre Mindset: The New Psychology of Success a diffusé ces travaux auprès du grand public, de l’école à l’entreprise.

Quelle différence entre état d’esprit fixe et état d’esprit de croissance ?

La différence tient à ce que l’on pense de ses capacités, et donc à la manière dont on réagit aux obstacles. Dweck précise que personne n’est entièrement dans l’un ou l’autre : chacun passe de l’un à l’autre selon les domaines et les moments.

SituationÉtat d’esprit fixeÉtat d’esprit de croissance
Face à un défiÉvite ce qui pourrait révéler un manqueY voit une occasion d’apprendre
Face à l’effortLe vit comme la preuve d’un manque de talentLe considère comme le chemin de la maîtrise
Face à un échec« Je ne suis pas fait pour ça »« Qu’est-ce que je peux faire autrement ? »
Face à une critiqueSe sent jugé, se défendCherche ce qui est utile dans le retour
Face au succès des autresSe sent menacé ou diminuéS’en inspire, cherche à comprendre comment
Langage typique« Je suis nul », « c’est inné »« Pas encore », « avec de l’entraînement »

Ce tableau décrit des tendances, pas des catégories de personnes. Une même cheffe d’entreprise peut aborder la négociation avec un état d’esprit de croissance et la prise de parole en public avec un état d’esprit fixe. Repérer ses domaines « figés » est souvent la première étape.

Que montrent les recherches de Carol Dweck ?

L’étude la plus connue a été publiée en 1998 par Claudia Mueller et Carol Dweck. Des enfants d’une dizaine d’années résolvaient une série de problèmes, puis recevaient un compliment : pour une partie d’entre eux sur leur intelligence (« tu dois être intelligent »), pour d’autres sur leur effort (« tu as dû beaucoup travailler »). Face à une nouvelle tâche, les enfants félicités pour leur intelligence choisissaient plus souvent un exercice facile pour ne pas risquer d’échouer. Après une série de problèmes difficiles, ils se montraient moins persévérants et réussissaient moins bien ensuite. Certains exagéraient même leur score en le rapportant.

D’autres travaux ont suivi des collégiens pendant la transition vers le collège, période où les notes baissent souvent. Ceux qui pensaient que l’intelligence se développe maintenaient mieux leurs résultats en mathématiques que ceux qui la jugeaient fixe. Ces études ont nourri l’idée qu’une intervention courte, expliquant que le cerveau se renforce en apprenant, pouvait changer les trajectoires scolaires. Ce lien avec la neuroplasticité est d’ailleurs au cœur de beaucoup de programmes éducatifs.

Que disent les méta-analyses récentes ?

Les méta-analyses récentes confirment des effets réels mais modestes, et surtout concentrés sur certains publics. En 2018, deux méta-analyses publiées par Victoria Sisk, Brooke Macnamara et leurs collègues ont conclu que le lien entre état d’esprit et réussite scolaire était faible, et que les interventions visant à modifier cet état d’esprit avaient en moyenne un effet très limité, un peu plus net chez les élèves en difficulté ou issus de milieux défavorisés.

En 2019, une vaste expérience menée aux États-Unis par David Yeager et ses collègues, publiée dans la revue Nature, a testé une intervention en ligne de moins d’une heure auprès de plusieurs milliers d’élèves de lycée. Elle a amélioré légèrement les notes des élèves les plus en difficulté, pour un coût très faible. Les chercheurs soulignent que le contexte compte : une intervention agit mieux quand l’environnement scolaire soutient réellement l’apprentissage.

⚠️ À nuancer : le growth mindset n’est pas une solution miracle, et Carol Dweck elle-même a mis en garde contre un « faux growth mindset » : féliciter l’effort sans stratégie, ou afficher des slogans sans changer les pratiques. Des effets modestes restent intéressants s’ils sont durables, peu coûteux et bien ciblés.

Quel est le pouvoir du « pas encore » ?

Le « pas encore » transforme un verdict en étape. Dans une conférence largement diffusée, Carol Dweck évoque un lycée de Chicago où les élèves qui n’avaient pas validé un cours recevaient la mention « pas encore » plutôt qu’un échec. L’idée est simple : « je ne sais pas faire » devient « je ne sais pas encore faire », ce qui situe la personne sur une courbe d’apprentissage au lieu de la figer dans une incapacité.

Cette reformulation ne nie pas la difficulté. Elle la replace dans le temps et ouvre une question pratique : quelle est la prochaine étape ? Pour les personnes que le risque de rater paralyse, notre article sur la peur de l’échec propose des pistes complémentaires.

Comment donner un feedback centré sur le processus ?

Un feedback centré sur le processus décrit ce que la personne a fait (ses stratégies, ses choix, ses ajustements) plutôt que ce qu’elle « est ». Il s’applique aux enfants comme aux adultes, en famille comme en entreprise. Voici une méthode en cinq temps :

  1. Décrivez un fait observable : « Tu as refait l’exercice en changeant de méthode. »
  2. Nommez la stratégie efficace : « Découper le problème en trois étapes t’a permis de repérer l’erreur. »
  3. Reconnaissez l’effort utile, sans le présenter comme la seule clé : l’effort sans stratégie mène à la fatigue.
  4. Pointez une prochaine étape : « Qu’est-ce que tu pourrais essayer sur le prochain exercice ? »
  5. Évitez les étiquettes, positives comme négatives : « tu es doué » peut enfermer autant que « tu es nul ».

✅ En pratique : remplacez « tu es brillant » par « tu as trouvé une bonne façon de t’y prendre ». La première phrase fait plaisir sur le moment ; la seconde dit quoi refaire la prochaine fois. Au travail, notre article sur la façon de donner un feedback constructif détaille cette posture.

Les attentes de l’entourage jouent aussi un rôle. L’effet Pygmalion montre que la conviction d’un enseignant ou d’un manager sur les capacités d’une personne peut influencer ses progrès. Un adulte convaincu que les compétences se développent communique, souvent sans le vouloir, cette confiance.

Quel lien avec les croyances et les présupposés de la PNL ?

Le growth mindset est, en langage PNL, une croyance aidante sur l’apprentissage. Le manuel du niveau 2 remis aux stagiaires Proneli définit les croyances comme des généralisations que nous tenons pour vraies sur nous-mêmes, les autres et le monde, construites à partir de nos expériences, de notre éducation et de notre environnement. Il distingue les croyances aidantes, comme « je suis capable d’apprendre un nouveau métier à tout âge », et les croyances limitantes, comme « je suis trop vieux pour changer de carrière ». Il propose ensuite trois étapes : écouter son discours intérieur, questionner la croyance, puis la reformuler de manière aidante.

Le manuel du niveau 1 rappelle de son côté un présupposé central de la PNL : il n’y a pas d’échec, seulement du feedback. Il illustre cette idée par l’enfant qui apprend à marcher, tombe, se relève et recommence. Il souligne aussi que les étiquettes que nous nous attribuons, comme « je suis nul », peuvent nous enfermer dans des attitudes négatives. Nous détaillons ces principes dans notre article sur les présupposés de la PNL. Ces présupposés ne sont pas des vérités scientifiques ; ce sont des postures utiles, qui rejoignent l’état d’esprit décrit par Dweck. Pour une application au monde professionnel, lisez aussi notre article sur l’état d’esprit d’entrepreneur.

Qu’en disent les stagiaires ?

« J’ai longtemps répété à mes élèves qu’ils étaient “doués” ou “pas faits pour les langues”. L’exercice sur les croyances limitantes du niveau 2 m’a renvoyée à ma propre phrase : trop âgée pour me reconvertir. J’ai commencé par ajouter “pas encore” dans ma classe, puis dans ma tête. »

Hélène, 52 ans, professeure d’espagnol, Clermont-Ferrand

Comment développer un état d’esprit de croissance avec la PNL ?

On développe un état d’esprit de croissance en travaillant concrètement sur ses croyances, son langage et sa manière de recevoir le feedback. La PNL propose pour cela des exercices précis : repérer une croyance limitante et l’expérience qui l’a construite, reformuler son dialogue intérieur, s’appuyer sur des réussites passées grâce à l’ancrage, formuler des objectifs réalistes et motivants. Ces outils se pratiquent en binôme, sous la supervision d’un formateur.

Notre formation en PNL comprend le stage Premiers Pas (2 jours, 400 €) et trois niveaux de 3 jours (3 000 €), soit un cursus complet de 3 400 €. Elle se déroule en présentiel dans 12 villes, en groupes de 10 stagiaires en moyenne, et elle est accessible sans prérequis ni diplôme. Le cursus mène à la certification de praticien en PNL délivrée par Proneli après un examen pratique devant un jury.

❓ Questions fréquentes

Que signifie growth mindset en français ?

Growth mindset se traduit par « état d’esprit de croissance » ou « état d’esprit de développement ». Il désigne la conviction que les capacités peuvent progresser par l’effort, les stratégies et l’aide des autres. Son opposé est le fixed mindset, ou état d’esprit fixe.

Qui a créé le concept de growth mindset ?

Le concept a été développé par Carol Dweck, professeure de psychologie à l’université Stanford. Il s’appuie sur ses recherches sur la motivation menées depuis les années 1970. Son livre Mindset, paru en 2006, l’a fait connaître du grand public.

Le growth mindset est-il prouvé scientifiquement ?

Les recherches montrent un lien réel mais modeste entre état d’esprit et réussite. Les méta-analyses de 2018 ont trouvé des effets faibles en moyenne, plus nets chez les élèves en difficulté. Une grande expérience publiée en 2019 a confirmé un bénéfice léger pour ces élèves.

Faut-il féliciter l’effort ou le résultat ?

Le plus utile est de féliciter le processus : les stratégies choisies, les ajustements, la persévérance dirigée vers un but. Féliciter l’effort seul peut devenir creux s’il n’aboutit à rien. Les compliments sur l’intelligence ou le talent tendent à rendre plus prudent face aux défis.

Qu’est-ce qu’un faux growth mindset ?

Carol Dweck appelle ainsi les usages superficiels de son concept : afficher des slogans, féliciter l’effort sans stratégie ou déclarer avoir un état d’esprit de croissance sans changer ses pratiques. Le vrai growth mindset se traduit par des actions concrètes face aux difficultés.

Peut-on changer d’état d’esprit à l’âge adulte ?

Oui. L’état d’esprit est une croyance, et les croyances évoluent avec l’expérience, le langage et l’environnement. Repérer ses domaines « figés », reformuler son dialogue intérieur et se donner des occasions de progresser visiblement aident à le faire évoluer.

Quelle différence entre growth mindset et pensée positive ?

La pensée positive met l’accent sur l’optimisme et les émotions agréables. Le growth mindset porte sur la conviction que l’on peut progresser, y compris en reconnaissant clairement ses difficultés actuelles. Il s’accompagne de stratégies concrètes plutôt que d’une simple attitude.

Comment la PNL aide-t-elle à développer un état d’esprit de croissance ?

La PNL propose des outils pour identifier et transformer les croyances limitantes, travailler le dialogue intérieur et accueillir le feedback comme une information. Le présupposé « il n’y a pas d’échec, seulement du feedback » rejoint directement l’état d’esprit décrit par Carol Dweck.

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